2008-2009 : Mythes, morts ou vifs ?

Image mise en avant Cycle 2008-2009

Les mythes, tout le monde en a des souvenirs.

Zeus, Antigone, Œdipe sont des personnages qui peuplent notre mémoire. Ayant parfois une origine historique, les mythes mettent en récit des réponses au questionnement qui depuis toujours préoccupe l’humanité :

  • D’où venons nous ?
  • Comment se construit le fil de notre histoire commune ?
  • Quel est son sens ?
  • Où serons-nous après notre mort ?

Chaque mythe apporte une réponse spécifique dont il tire sa force et sa pérennité, réponse réinterprétée et souvent réécrite, comme en témoigne une abondante production littéraire. Le rationalisme semblait avoir eu raison des mythes et de leur pouvoir explicatif du monde. Pourtant la référence aux mythes demeure présente dans notre univers, et de « nouveaux mythes », souvent plus fugaces, continuent à voir le jour.

Au travers d’approches plurielles, vous serez invités à de nombreux allers et retours dans l’espace et dans le temps.

Ce cycle de rencontres et de débats propose de prendre le temps d’écouter et de réfléchir avec des spécialistes et des acteurs afin de pouvoir approfondir ses convictions.

 

Après le Midi-14h du 9 octobre 2008 – Avec Nadine Lavant


Préambule : cigales.

Avant d’introduire, j’évoquerai, juste le temps de prendre la mesure d’une différence, les cigales dont parle Platon dans le dialogue le Phèdre —ces chanteuses dont il nous dit combien Socrate les admire, et pourquoi : de leur naissance à leur mort, jamais elles ne s’arrêtent de chanter, même pas pour se nourrir.

Souvenons-nous, en pensant au chant des cigales et à l’admiration que Platon leur voue, que nous n’agissons pas de même ; lors de nos midi-quatorze heures, nous tressons au repas en son rythme des paroles : écoute, questions, réponses. La différence n’est pas mince.

Je voudrais aussi remercier Hans Lung pour le titre qu’il a donné à ces propos de midi : s’est ouverte par là une piste de réflexion sur l’œuvre d’un auteur que la pratique de mon métier me rend familier selon d’autres parcours.

Introduction : univers.

Les mythes dans « l’univers de Platon », cela se laisse en effet entendre de deux façons. Cela pourrait, bien sûr, inviter à étudier les mythes dans ce véritable univers qu’est pour le connaisseur l’œuvre de Platon. Seulement, si c’est un univers au sens où l’on dirait un monde, en quoi ce monde d’avant, (427-347 avant Jésus Christ, c’est une autre époque, une autre culture), en quoi ce monde d’ailleurs (la Grèce, la cité* et la campagne*, c’est un autre paysage), en quoi ce monde d’avant et d’ailleurs peut-il nous rendre parlants les mythes qui y figurent ?

Mais heureusement, on peut entendre un tout autre son résonner sous ce titre : les mythes dans « l’univers (qui a été celui) de Platon » : cela nous intéresserait davantage si nous pouvions les aborder comme autant d’échos, de réponses, de solutions, à des vécus, à des questions, à des problèmes, qui feront davantage sens pour nous, dans leur étrangeté même. C’est sous cette orientation que j’ai choisi de nous faire entendre, et peut-être de brièvement commenter, quelques uns des dizaines et dizaines de mythes que rencontre le lecteur de Platon (trois, précisément).

Et j’ai aussi choisi de me demander, de vous demander, en quel sens ce sont bien là des mythes. Tantôt, en effet, au cours de ma relecture, je reconnais en eux ces récits qui donnent sens en ramenant à une origine, ou à un moment historique, et que nous appelons mythes, tantôt, leur caractère de mythe, où le temps se montre si décisif, porteur de ruptures et de nouveauté, s’efface à mes yeux, et je ne sais plus y voir que d’étranges images en forme de récits. Vous saurez, sans doute, me sortir de mon embarras.


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Après la soirée inaugurale du cycle 2008-2009 du 23 octobre 2008 – Avec Florent Viguié, Marion Mirbeau, Nathalie Aubin et Mario Dragunski

 

Cette soirée, entre réflexion théorique et mise en pratique, nous fera rencontrer le mythe d’Antigone dans ses version théâtrales de Sophocles et Anouilh, ainsi que le mythes des Gorgones. Un groupe d’étudiants et deux compagnies professionnelles nous ont présenté des scènes choisies et des extraits de leurs spectacles.

Les intervenants

L’Association T E A est l’émanation directe de l’association ANRAT (association Nationale de Recherche et d’Action Théâtrale) en région aquitaine. Elle s’emploie à favoriser sur le terrain la mise en place d’actions pour la présence d’artistes dans les classes comme celle des jeunes publics sur les lieux de spectacle vivant, sur le principe du partenariat entre l’enseignant et l’artiste.

 

L’objectif de la compagnie 4Cats est de réaliser et diffuser à un large public des pièces de théâtre professionnelles de très grande qualité, basées sur des textes contemporains de préférence, surtout de créations jamais jouées auparavant, ou des adaptations contemporaines d’œuvres « classiques », qui portent du sens et qui répondent à notre conception de l’art du théâtre.

Nous avons joué "L’Enseigneur" de Jean-Pierre Dopagne plus d’une centaine de fois dans des petites salles de fêtes, devant en phare, en plein air mais aussi dans des grandes salles comme à la scène nationale de Bayonne, au Colisée de Biarritz, en Suisse et en Espagne. "Melle Julie" de Strindberg, "Zoo Story" de Edward Albee, "Maracas Cosmiques", "Gabriel ou le meilleur" et "Buenos Aires Buenos Tangos" de Mario Dragunsky (texte) et Fernando Millet (musique), "Comme une histoire d’amour" d’Arthur Miller… Notre prochain projet est "Une visite inopportune" de Copi. La dernière pièce de ce grand auteur franco – argentin et son chef d’œuvre. Cette pièce est coproduite par la scène nationale de Bayonne, le festival de Blaye, les fonds européens Interreg, les régions d’Aquitaine et d’Aragon et la compagnie de danse de Miguel Angel Berna de Zaragoza. La première sera le 4 mars 2009 à Bayonne puis du 11 au 20 avril 2009 au théâtre de la Pergola à Bordeaux.

Le travail que nous vous présentons ce soir est le fruit de quelques séances de recherche autour de la première scène de Antigone de Sophocle. Nous avons travaillé avec une comédienne professionnelle : Stéphanie Loyez et avec une élève : Lucia Garate – Martinez. Parmi ces recherches nous présenterons deux versions pour permettre aux deux comédiennes de jouer les deux rôles d’Ismène et d’Antigone.

Nous donnons des cours de théâtre et faisons la formation de l’acteur amateur et professionnel depuis 25 ans. Mario Dragunsky, directeur de la Compagnie 4Cats est aussi titulaire du diplôme d’état d’enseignement du théâtre.
Mario Dragunsky
Directeur artistique

 

La CMM explore les interactions qui s’établissent entre les arts en les confrontant sur un plateau de théâtre. Arts dramatique, chorégraphique, plastique, espaces sonore et audiovisuel, l’un et l’autre, les uns et les autres se rencontrent dans une constante recherche d’une écriture scénique originale.
L’oeuvre littéraire, l’idée philosophique ou politique, la pensée autobiographique sont les moteurs de cette création d’une écriture artistique plurielle.
Les artistes de LaCMM associent également leurs réflexions lors des interventions qu’ils font auprès des pratiques amateurs (centres culturels et associations) et lors de leurs démarches pédagogiques auprès des établissements scolaires. Cette recherche est l’opportunité toujours renouvelée de rencontres et d’échanges provoqués entre artistes venus de différents univers.

L’extrait présenté ce soir est issu du spectacle Gorgones on the Road.
« Après la décapitation sauvage de Méduse et le saccage de notre tranquille jardin des Hespérides, nous sachant menacées d’une nouvelle attaque à notre encontre, nous, Sténo et Eurialé, les deux sœurs Gorgones rescapées, nous voyons obligées à l’exode.
D’un tempérament plutôt bon vivant, nous décidons de mettre à profit cet exil forcé, en voyageant autour de la terre et à travers les siècles, pour parfaire notre connaissance du monde et de ses absurdités.
Au fil du temps et des révolutions sociales, nous, immortelles sœurs Gorgones, nous nous forgeons un solide point de vue politique. »

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Après la conférence du 13 novembre 2008 – avec Claude-Gilbert Dubois, Professeur émérite de littérature contemporaine

 

Toute civilisation repose sur un ordre effectif, l’ordre socio-politique, qui est ordre du corps social, et sur un ordre de l’esprit, réseau organisé de croyances organisé en "mythologie", qu’on appelle l’ordre symbolique. L’ordre symbolique de la civilisation occidentale a évolué au cours du temps, sans qu’aucune strate ancienne ne disparaisse totalement. Nous examinerons successivement le rôle des paganismes, puis du christianisme, issu d’une synthèse entre judaïsme et mentalité païenne, avec ses variations et ses interférences, puis de la "modernité", adaptation de valeurs anciennes et innovations liées à des objectifs en rapport avec le changement de l’ordre effectif.

 

MYTHOLOGIES DE L’OCCIDENT

Remarque préliminaire

Claude-Gilbert Dubois
Claude-Gilbert Dubois

Nous reconstituons ci-dessous le contenu de la conférence prononcée, sur l’invitation de l’Association Hâ 32, devant ses membres, le jeudi 13 novembre 2008, à Bordeaux, à partir de fragments de l’introduction de notre ouvrage Mythologies de l’Occident , Paris, Ellipses, 2007.

INTRODUCTION

Tout regroupement humain obéit à une double structuration. Un ordre effectif, social et politique, en est, en quelque sorte, l’ « ordre du corps », entendons par là du corps social, et un « ordre de l’esprit », appelé l’ « ordre symbolique », constitué par l’ensemble des idées et des croyances organisées selon les règles d’une logique ou d’ une mytho-logique, pour reprendre le vocabulaire de Claude Lévi-Strauss, donne forme à une « mentalité » (objet privilégié d’études de l’école historique dite des « Annales »). La réunion des deux, lorsqu’elle s’étend en force et dans l’espace, peut engendrer une « civilisation ».

Ces deux structurations sont évolutives.. Les sociétés se transforment effectivement et la mentalité évolue parallèlement, étant à la fois déterminée par le changement social et déterminante pour ce changement. Leur évolution détermine une histoire

Ce qui caractérise la « civilisation occidentale », à la fois dans sa structure effective et sa dans sa structure symbolique, c’est qu’elle est constituée, schématiquement parlant, par des strates superposées, mais aucune des superpositions n’a complètement effacé la couche inférieure, qui devient latente ou « archaïque » et réapparaît ou se réactualise sous forme de mouvements qu’on appelle, selon le cas, renaissances, réformes, révolutions ou restaurations. Ce sont autant de péripéties qui participent à la fois à la vie de l’organisme social, de son corps, et de son esprit, de sa mentalité et de sa culture.

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Après le Midi-14h du 20 novembre 2008 – Avec Christiane Dupont, conservateur à la Bibliothèque Municipale de Bordeaux

 

Harry Potter, un mythe moderne ?


Cinq réponses :

  •  Un mythe moderne ancré dans la réalité d’aujourd’hui
  • Harry Potter, l’anti Peter Pan
  • La coexistence de deux mondes parallèles
  • La modernité dans le contenu de l’histoire
  • La modernité dans le style et le rythme du récit

Bibliographie :

  • Harry Potter les raisons d’un succès
    Isabelle Smadja
    PUF
  • Harry Potter l’enfant héro
    Eric Auriacombe
    PUF
  • Harry Potter ou l’anti- Peter Pan : Pour en finir avec la magie de l’enfance
    Isabelle Cani
    Fayard
  • L’irrésistible ascension d’Harry Potter
    Andrew Blake
    Le félin
  • L’enchantement Harry Potter : la psychologie de l’enfant nouveau
    Benoit Virole
    EAC

 

 

Après le Midi-14h du 4 décembre 2008 – Avec Natacha Vas-Deyres, chargée de cours à l’université Michel de Montaigne Bordeaux 3

Natacha Vas-Deyres est docteur en littérature française, auteur d’une thèse sur la littérature utopique et la science-fiction française au XXème siècle, intitulée Ces Français qui ont écrit demain. Société et pouvoir dans la littérature utopique française du XXème siècle, dont la publication est en cours de préparation.

Auteur de plusieurs articles publiés dans les Nouveaux Cahiers François Mauriac, elle écrit désormais des articles spécialisés sur la science-fiction française ( Camille Flammarion, Rosny Aîné, José Moselli, Régis Messac, René Barjavel..), publiés dans la revue Eidôlon, ADEN, le Bulletin des amateurs de science-fiction ancienne, Quinzinzinzili le bulletin messacquien ou sur internet. Professeur agrégé de Lettres modernes, chargée de cours à l’Université Michel de Montaigne Bordeaux3, chercheur rattaché au centre de recherche TELEM, Natacha Vas-Deyres vit et enseigne à Bordeaux.

 

Origines "mythiques" de la science-fiction

Le terme de "scientifiction", devenu science-fiction entre-temps, a été inventé en 1929 par un éditeur et auteur américain, Hugo Gernsback (1884-1967), qui a non seulement écrit la première nouvelle considérée comme appartenant au genre de la science-fiction mais qui fut également le fondateur du premier magazine de science-fiction, Amazing Stories. Le roman dit "d’anticipation", antérieur et précurseur du récit de science-fiction, est présent dès le xixe siècle, notamment en France, grâce à des auteurs comme Emile Souvestre, Jules Verne, Camille Flammarion ou Herbert George Wells en Angleterre. De par sa nature le roman d’anticipation se préoccupe uniquement de représenter par l’invention littéraire l’avenir de l’humanité métamorphosé par les progrès des sciences et de la technologie : il se trouve ainsi à l’origine de la thématique « classique » de la science-fiction, où la place de la science est prépondérante. La science-fiction n’est pas un genre littéraire au sens strict du terme puisqu’on ne peut la définir par des critères formels. Elle relève d’ailleurs de divers genres littéraires (nouvelle, roman, essai…) ou extra-littéraires (cinéma, émission radiodiffusée, séries télévisées...). Sa définition semble donc plutôt passer par celle d’une thématique, ou d’une problématique comme la définition anthropologique de ce que l’homme deviendra dans un futur proche ou lointain, transformé, cloné, amélioré…. Au-delà de l’infinie diversité de ses thèmes touchant aux mythes ( l’apocalypse ou la fin des temps, les créatures venus d’ailleurs ou l’exobiologie, les voyages extraordinaires dans l’espace, , les créations artificielles de l’homme se substituant à Dieu, robots, cyborgs, mutants, ou encore le mythe de la ville tentaculaire…) la science-fiction reflète les peurs, les espoirs et les questionnements fondamentaux de l’humanité, mais en les transposant dans des mondes non situés spatialement ou temporellement. C’est une des raisons pour laquelle le genre de l’utopie (le terme et le genre furent forgé par Thomas More en 1516, du grec u-topos "en aucun lieu") et celui de l’uchronie ( "hors de tout temps", mot forgé par la science-fiction à partir de la structure du mot "utopie" et désignant un récit réécrivant l’histoire) sont souvent confondus et considérés comme étant à l’origine de la science-fiction.et mythologisation en devenir…

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Après la conférence du 11 décembre 2008 – Avec Henri Atlan, Professeur émérite aux universités de Paris VI et de Jérusalem

Les mythes et la fiction permettent une certaine distance, parfois nécessaire dans l’analyse des questions dont les enjeux sont la naissance, les origines et la filiation, la sexualité, la vieillesse, la maladie et la mort.

Plusieurs figures mythologiques seront examinées dans ce contexte : Prométhée, l’arbre de la connaissance, Dédale, le Golem.

 

Henri Atlan
Henri Atlan

Henri Atlan est intervenu au Hâ 32, le jeudi 11 décembre 2008, en soirée, sur la question des mythes et de la bioéthique, en réfutant d’entrée de jeu le qualificatif de bioéthicien pour lui préférer celui de philosophe, associé à un domaine de compétence en médecine et en biologie.

Il nous a été rappelé, en introduction, que le mythe et la fiction ont toujours anticipé sur des réalisations concrètes, avec une forte insistance, tout au long de l’exposé, sur la nécessité d’entrer dans le détail de la technique biomédicale, surtout lorsque des questions d’ordre éthique se posent aux agents, témoins ou patients impliqués, ce que nous sommes, parfois à tour de rôle, et ce qu’il nous faut bien assumer.

La position qu’il a tenté de nous faire comprendre, à travers une foison d’exemples qu’il sera trop long de reprendre ici, m’a paru très éloignée des discours idéologiques que certains tenants des religions révélées préfèrent asséner à leurs ouailles, ce qui au fond ne regarde que ces dernières, mais aussi à la société toute entière, ce qui pose alors un problème majeur, d’ordre plutôt politique, comme aurait dit John Locke en son temps, et ce sans détenir d’autre autorité que celle dont ils se croient investis par un mandat quasi divin.

Je m’aperçois que cette quasi caricature, qui n’engage que moi, va plaire aux protestants « sociologiques » paisiblement installés dans leur certitude d’avoir raison contre tous, à commencer par les catholiques et les musulmans, ce qui devrait me conduire à la nuancer. Pour m’exonérer de cette tâche, je propose de se référer aux ouvrages de Mr Atlan, par exemple à un petit livre publié chez Bayard en 2002 (La science est-elle humaine ? » Un essai sur la libre nécessité), dont la taille (86 p.) et le prix (11 euros) me semblent convenir à ces temps de crise et d’avalanche de livres offerts.

Une conférence et un débat tout à fait passionnants.

Jean-Louis Janin

 

Bibliographie récente :

  • L’Utérus Artificiel, Seuil, Paris, 2005 (traductions portugaise, italienne).
  • Chemins qui mènent ailleurs.Dialogues philosophiques (avec R.-P. Droit), Stock, Paris, 2006.
  • Les frontières de l’humain (avec F. B. M. de Waal), Le Pommier/Cité des Sciences, Paris, 2007.
  • Des embryons et des hommes, (avec M. Botbol-Baum),PUF,Paris, 2007.
  • Déterminismes et Complexités : du Physique à l’Ethique. Autour d’Henri Atlan, dir. P. Bourgine, D. Chavalarias, C. Cohen-Boulakia, La Découverte, Paris, 2008.

Après le Midi-14h du 8 janvier 2009 – Avec Olivier Oberson, Historien d’art

 

La Mythologie Maorie

  1.  Note à propos d’une religion polythéiste.

Une religion polythéiste est fondée sur un panthéon. Chaque dieu correspond à un aspect ou une fonction de l’univers et de la société. Il s’agit de ne rien oublier. Dés lors, on peut parler d’un système polythéiste dans lequel le mythe a une fonction explicatrice et classificatrice. C’est pourquoi le mythe est structuré. Cette structure logique s’articule sur d’autres structures notamment sociales, hiérarchiques et plus particulièrement parentales. Le mythe n’est donc pas un conte ni une légende et encore moins une parole absurde. Le mythe garanti le fondement d’une communauté, des origines du monde à l’intronisation du dernier roi. C’est pourquoi le rite est indissociable du mythe. Le rite est un drame sacré qui assure le maintien et le recommencement de tout ce qui a été accompli aux origines. Tout doit être justifié.

Il y a des groupes de mythes (cosmogonie, théogonie, anthropogonie) et d’autres groupes justifiant les privilèges de certaines familles, rattachant surtout leur lignée, leur généalogie, à la théogonie, c’est-à-dire à un dieu dont elles prétendent descendre. Ce qui explique en partie la disparition de certains mythes se rattachant à une famille ou un clan, voire une tribu qui perd sa souveraineté au profit d’une autre qui imposera une mythologie sélectionnée. Cependant, un système mythologique est toujours ouvert et se développe en intégrant de nouveaux mythes qui consignent les nouveaux événements : guerres ; cataclysme.

On peut aussi présenter ce système comme un totémisme (mot algonquin), c’est-à-dire un principe d’organisation sociale (fondée sur des alliances), cultuelle (fondée sur la communion par le sang d’une victime sacrifiée), religieuse enfin (fondée sur le tabou). L’être totémique consigne l’histoire généalogique du groupe, donc de tous les ancêtres sans lesquels aucune décision ne pourrait être prise. C’est à ce niveau qu’intervient, le sorcier, le chamane (mot toungouse), celui qui a la faculté d’entrer en contact avec les esprits des ancêtres.

La mythologie d’une communauté est donc à la fois la justification de tous ses actes et le réceptacle de son histoire.

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Après la conférence du 23 janvier 2009 – Avec Michel Serres, Philosophe

Dans sa conférence, Michel Serres raconte pourquoi les compagnons d’Ulysse furent transformés en porcs et pourquoi le premier roi de Rome, nommé Romulus, tua son jumeau avant que les Sénateurs de la Ville ne le découpent en morceaux.

Michel Serres
Michel Serres

Assemblée lors de la conférence de Michel Serres
Assemblée lors de la conférence de Michel Serres

 

Bibliographie récente :

  •  Hominescence, Le Pommier, 2001.
  • L’Incandescent, Le Pommier, 2003.
  • Jules Verne, la science et l’homme contemporain,Le Pommier 2003.
  • Rameaux, Le Pommier, 2004.
     Récits d’Humanisme, Le Pommier, 2006.
  • L’Art des ponts, Le Pommier, 2006
  • Petites chroniques du dimanche soir, Le Pommier, 2006.
  • Petites chroniques du dimanche soir 2, Le Pommier, 2007.
  • Carpaccio, les esclaves libérés, Le Pommier, 2007.
  • Le Mal propre, Le Pommier, 2008.
     La Guerre mondiale, Le Pommier, 2008.

Après la conférence du 12 février 2009 – avec Denis Favennec, professeur au Lycée Montaigne, Bordeaux

Denis Favennec
Denis Favennec

D’où vient la peinture ? Par quel geste originel un homme, un jour, a-t-il
décidé de plaquer des lignes et des couleurs sur une toile ou contre un
mur ?

Toutes les civilisations qui pratiquent les images racontent, plus ou
moins clairement, le mythe de leur origine. En examinant ces récits
fondateurs (principalement Dibutade et son amant chez les païens, Saint
Luc et la Vierge pour les chrétiens), nous verrons que le rapport du
peintre à son modèle est souvent au cœur de ces mythes fondateur de la peinture.

Mieux : ce rapport originel est peut-être la clé - ou l’origine - de
certains des plus grands chefs d’œuvre de la peinture moderne.

Après le Midi-14h du 5 mars 2009 – Avec Danielle Caillau, Conseil en communication


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Après la conférence du 15 février 2009 – avec Joseph Rossetto, Principal de Collège


 

Quelques extraits du livre de Joseph Rossetto : « Jusqu’aux rives du monde ».


Joseph Rossetto
Joseph Rossetto
  • Nous sommes perpétuellement dans ce processus du souvenir à essayer de comprendre les choses que les hommes ont déjà sues. Aristote parle de re-connaissance. Et lorsque l’être humain comprend à nouveau le sens de cette mémoire, il se sent exister et il trouve son identité. (page 100)
  • Les grands récits, les mythes qui nous sont parvenus sont fondateurs des cultures... Platon disait que dans Homère, on apprend la morale, la politique, les dieux, comment labourer, se battre, construire un bateau, faire la guerre, se réconcilier et mourir. On y apprend aussi l’hospitalité : comment accueillir l’autre, parler et s’arranger avec lui pour que les choses soient possible. (pages 123-124)
  • Pourtant il faut se dire que le monde a un sens, que nous respirons, que tout respire et voyage éternellement. Car quelque part encore, l’humanité du langage subsiste par en dessous, elle est intacte, elle ne demande qu’à vivre, on s’y emploie pour inventer une nouvelle confiance, c’est ce qui fait notre engagement pour les enfants de Bobigny. (page 32)

Le récit d’une expérience unique, retracée par Joseph Rossetto, principal de collège, qui a créé une école de l’expérience. Joseph Rossetto nous parle de la dureté du travail quotidien et de rapports humains exigeants qui se construisent dans la culture et dans des expériences créatrices qui font naître des sentiments, des connaissances, des savoirs, des désirs de vie, pour que les enfants puissent accueillir l’altérité et le multiple.

Joseph Rossetto, décembre 2007, Striana, collection Imaginem, ISBN 2953006303

Après le Midi-14h du 26 mars 2009 – Avec Catherine Bouscharain, Professeur de lettres classiques

Le nom de Don Juan est entré dans la langue française et désigne désormais un libertin et un séducteur. Mais si Don Juan n’était qu’un séducteur, ce serait un type humain et non un mythe. En fait, c’est un personnage imaginaire dont plusieurs traits correspondent à des préoccupations profondes de l’homme et son histoire constitue un mythe qui a beaucoup évolué au cours des siècles.

 

Origines du mythe

Le jeune homme et le mort.

Un jeune homme passe de nuit près d’un cimetière ou sur une tombe ou devant un gibet, ou heurte dans un chemin creux une tête de mort (le motif de la statue de pierre reste rare). Dans un accès de gaieté avinée ou de bravade, le noctambule invite le mort à souper chez lui, parfois à honorer son repas de noces. Au jour dit, l’invité funèbre frappe à la porte, entre, s’installe et invite à son tour son hôte. Que ce soit par étourderie ou par goût du blasphème, le jeune homme s’est attiré un châtiment pour infraction grave à la loi qui sépare les morts et les vivants. Il y a sacrilège à franchir frauduleusement le seuil du sacré. Le dénouement varie : ou le jeune homme reçoit un avertissement, ou il échappe à la haine du mort grâce à une intervention surnaturelle, ou il meurt au cours du repas funèbre. On voit donc l’importance de la rencontre avec le mort et c’est un élément constitutif du mythe.

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Après la conférence du 2 avril 2009 – Avec Pierre Joxe, Membre du Conseil Constitutionnel

Pierre Joxe
Pierre Joxe

 

Liberté, Égalité, Fraternité ...

Dans la belle allitération des trois mots de la devise républicaine, le premier fait de l’ombre aux deux autres.
Seule la Liberté est clairement définie par la Déclaration des Droits de l’Homme (article 5).

Ce même texte fondateur définit notre "souveraineté" qui "réside essentiellement dans la Nation" (article 3) et affirme que "la loi est l’expression de la volonté générale" (article 6).

Ces deux articles sont-ils compatibles avec la construction de l’Union Européenne ?

Souveraineté, Égalité, Fraternité, sont-ils des mythes républicains ?

Après la conférence du 14 mai 2009 – Avec Thomas Römer, Professeur de Bible hébraïque à l’Université de Lausanne

 

Thomas Römer
Thomas Römer

Des découvertes archéologiques récentes et les progrès dans les études bibliques remettent en cause certains fondements historiques des récits de la Bible.

Il apparaît en effet que les premières mises par écrit des textes bibliques ne remontent guère avant la fin du huitième siècle avant notre ère.

Qu’est-ce qui relève alors du mythe ? Quels personnages sont réellement historiques ? Et surtout, comment lire ces textes, si la part de ceux qui sont sans fondement historique est plus importante qu’on ne le pensait ?

La conférence posera le problème de l’historicité des récits sur les Patriarches, de la tradition de l’exode, de la conquête et des rois fondateurs. On s’interrogera ensuite sur la manière dont la bible hébraïque construit sa première histoire d’Israël.

Télécharger le diaporama projeté pendant la conférence avec l’autorisation de Monsieur Thomas Römer

 

A propos de la conférence de Thomas Römer : la Bible, entre mythe et histoire.

« Comme un souffle fragile… »

Thomas Römer, spécialiste de la Bible hébraïque, sait, quand il prend la parole pour traiter de « la Bible entre mythe et histoire », à quel point ses propos vont surprendre, heurter souvent, et interpeller, en tout cas, nombre de ses lecteurs —et d’abord, tous ceux qui la présentent aux enfants, pas à pas.

Si elle n’est pas le récit de témoins oculaires, mais une construction théologique complexe et beaucoup plus tardive que l’on ne pensait, s’il est avéré que le personnage Moïse n’existe pas, que ce n’est pas un lien de filiation qui unit Abraham, Isaac et Jacob, que Jéricho n’a jamais existé, et que le livre de Josué n’est que la contre-propagande démarquée des récits dont les adversaires font une arme de guerre, que croire, que penser, et comment lire ? Que penser de ce que l’on a si longtemps tenu pour historiquement vrai, dont on a si longtemps cru qu’il fallait le présenter comme tel ? Est-ce pour autant « tout faux », ou « rien que des histoires, même pas vraies », comme le disent parfois les enfants ? Comment lire, désormais, les récits des origines ? Comment chercher son chemin vers la Vérité que seule donne l’Ecriture ? —mais le chercher, c’est s’y être déjà engagé, se laisser éclairer par « une lampe à mes pieds, une lumière sur mon sentier », c’est cheminer en Vérité. Mais alors qu’est-ce qui heurte ? Le débat, après la conférence, devait soulever de telles questions, donner lieu à tout un tissu d’esquisses de réponses.

Si « Moïse n’a pas existé », « cheminons avec « Moïse dans le récit de l’Exode » . Pourquoi cela serait-il incompatible ? Pourquoi « Moïse n’a pas existé » nous ferait-il craindre de ne plus jamais pouvoir « cheminer avec Moïse dans le récit de l’Exode » —de nous perdre dans les sables du désert ? Ces craintes viennent de la confusion de la vérité du fait et de la vérité du sens, de la vérité de la science et de la vérité du mythe. A l’aide de méthodes et de pratiques de vérification, l’historien établit que Moïse n’a pas existé. Cela ne prive pas de sens ce récit d’Exode, ce mythe dont le héros a reçu le nom de « Moïse »—« fils », ce mythe tout prêt à nous parler dans nos Egyptes, dans nos déserts, de libération et de confiance. D’une toute autre manière, que « Jéricho », soit l’invention des rédacteurs d’une contre-histoire opposant sa résistance à une propagande ennemie, n’empêche nullement de comprendre que l’Ecriture est toujours au risque de lectures qui la transformeraient en une citadelle de violence.

Loin de fêler le « vase d’argile », Thomas Römer, théologien en mouvement, donne à entendre la fragilité du souffle, et son appel à l’accueil du lecteur.

Nadine Lavand

Florilège de réactions recueillies lors de la réunion de bilan du cycle

  • Le mythe c’est une histoire ancienne qui arrive jusqu’à nous et va se poursuivre.
  • Toutes les conférences étaient supérieures à la moyenne.
  • Ce cycle nous a montré que le mythe peut se créer même de nos jours et se perpétuer.
  • La plus grande surprise, c’était la pertinence de tout le cycle.
  • Le mythe est un récit dont le substrat historique échappe, qui donne du sens à nos histoires personnelles et collectives.

Après la Journée Théologique du 3 octobre 2008 – Avec Lytta Basset, pasteure et théologienne, doyenne de la faculté de théologie de Neuchâtel


 

La figure de Jacob (Gen 25-35)

L’intervention de Lytta Basset sur le chapitre 32 du cycle de Jacob sera suivie d’un échange autour de différentes lectures théologiques.

Des rencontres préparatoires à cet atelier ont été organisées

  • soit au Centre Beaulieu le jeudi 25 septembre de 17h à 19h et de 20h30 à 22h30
  • soit au Centre Hâ 32 le samedi 27 septembre de 17h à 19h

Le même jour à 20h30 Lytta Basset a donné une conférence publique à L’Athénée municipal :

« La compassion suffit-elle ? »

Après le Samedi Théologique du 21 mars 2009 – Avec Dany Nocquet, Professeur à l’Institut protestant de Théologie, Montpellier


L’Exode ou la sortie d’Egypte est un événement fondateur qui détermine la représentation d’Israël et de Dieu. Mais que peut-on dire du point de vue de l’histoire ?

L’étude précise ce que l’on doit entendre par mythe en montrant comment le récit de l’Exode fait l’objet d’interprétations multiples. Ainsi l’Exode sert à comprendre l’Exil et le retour d’Exil au 6ème s. av JC.

Le parcours s’achève par l’étude d’un texte qui propose un Exode inversé !

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