2005-2006 : L’homme en mouvement, voyages et migrations

Image mise en avant Cycle 2005-2006

Dès l’origine l’Homme s’est déplacé sur la terre.
Pour survivre, pour trouver de meilleures conditions de vie, par curiosité, par défi, à la conquête de nouveaux espaces, pour le plaisir du dépaysement. Ces déplacements ont souvent été à la source de bouleversements géopolitiques, économiques, et de découvertes scientifiques.

Ces flux migratoires ont toujours posé des questions : accueillir, intégrer ou assimiler ces nouvelles populations ? Comment définir les frontières, l’identité d’un pays, d’un peuple ? Sur le plan individuel l’identité de l’immigré, du réfugié et de l’exilé est marquée par cette fracture du départ.

Participant au même mouvement ils sont limités dans le temps et caractérisés par le projet du retour. Tourisme, explorations, commerce… leur ressort est un imaginaire riche de rêves, de récits, de rencontres avec l’autre et avec soi-même.

En ouverture du cycle « L’Homme en mouvement, Voyages et migrations », le Centre Hâ 32 a proposé une soirée théâtrale avec le Théâtre de Zélie qui a joué quelques scènes tirées de son récent spectacle « Partir ».


Présentation :

« Vivre, c’est passer d’un espace à un autre, en essayant le plus possible de ne pas se cogner. »Georges Perec


Partir pour arriver. Partir pour quitter. Partir dans tous les sens. À chaque fois, se retrouver en suspens sur le seuil, entre deux ; deux espaces, deux aventures, deux sentiments. Beaucoup de sincérité, beaucoup de fantaisie aussi pour évoquer ces moments de la vie, souvent riches en émotions.


Partir. Ne pas se faire mal. Ne pas faire mal. S’exciter, s’inquiéter, s’exalter, regretter, hésiter. Début d’une aventure ou fin d’une autre. Tous les départs n’ont pas le même enjeu, ni la même importance. Mais tous suscitent des émotions complexes, à intensité variable.
Le spectateur qui entre dans la salle est comme celui qui part. Il ne sait pas ce qui l’attend. Alors il se précipite sur la feuille de présentation. Et il se rassure quand il voit qu’il va forcément se retrouver dans ces moments de vie. Séparations, déménagements, changements d’emploi et même vacances, il connaît.


Mais l’idée de création collective, ça l’intrigue un peu. Mélanger les improvisations, les jeux d’écriture, les conversations. Prendre l’idée de l’un, chercher l’accord de tous. Mêler les souvenirs et les délires. Parler comme au quotidien et s’amuser même à faire des chansons. Là, il se demande si...

Et l’acteur, lui, qui se prépare à entrer en scène, le voilà aussi sur le seuil, plus ou moins tendu, plus ou moins fragile. Lui aussi se demande si ...

Mais dans quelques minutes, ils vont se retrouver pour tenter fébrilement l’aventure et partir ensemble dans tous les sens. Oui, c’est ça et, en plus, ils vont y prendre du plaisir.


Dans le cadre du cycle 2005-2006 « L’Homme en mouvement, Voyages et migrations », le Centre Hâ 32 a proposé une soirée avec

Jean-François Baré, anthropologue

Jean-François Baré
Jean-François Baré

Au XVIIIième siècle, siècle de la grande Encyclopédie, les voyages de découverte constituent des voyages par excellence, puisque leurs auteurs ne savent pas exactement où ils vont. Cette « découverte » - la est d’ailleurs à double sens : les explorateurs, dont notamment James Cook, découvrent le Pacifique insulaire (à partir de Tahiti) mais les peuples du Pacifique insulaire « découvrent » les explorateurs, et quelque chose qui s’appelle la Grande Bretagne, voire l’Europe.

Bibliographie de l’intervenant :

  • Tahiti, les Temps et les pouvoirs, ORSTOM, Paris 1987
  • Le Malentendu Pacifique. Des premières rencontres entre Polynésiens et Anglais et de ce qui s’ensuivit avec les français jusqu’à nos jours. (2ème édition, Éditions des Archives Contemporaines, Paris 2002).

Conférence du 8 décembre 2005 – Avec Sylvie Guillaume, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Bordeaux III et directrice de la Maison des Sciences de l’Homme en Aquitaine.

Si les frontières de l’Europe sont clairement délimitées à l’ouest par les océans, elles sont en évolution constante à l’est. La notion de frontière est au cœur de l’histoire européenne parce qu’elle a pu être protectrice comme le limes romain pour contenir les Barbares, réelle mais aussi symbolique comme le mur de Berlin, naturelle mais instrumentalisée comme le Rhin.

À la notion de frontière s’ajoute celle des identités nationales. L’Europe constitue ainsi un espace privilégiée des migrations qu’elles soient d’ouest en est comme l’émigration protestante sous la France de Louis XIV ou de plus en plus d’est en ouest pour fuir le communisme ou pour fuir le moindre développement de l’Europe centrale et de l’est. C’est cette histoire heurtée que nous évoquerons autour de trois points :

  1. Des frontières de Metternich en 1815 à celles du traité de Versailles,
  2. Les crises du XXe siècle et les espoirs de la construction européenne ,
  3. Les conséquences de la chute du mur de Berlin en 1989.

Bibliographie :

  • Dieckhoff, La nation dans tous ses états, les identités nationales en mouvement, Champ Flammarion, 2000
  • Sylvie Guillaume, Les démocraties aux Etats-Unis et en Europe, 1945-1989, A Colin, 1998
  • Maurice Vaïsse, Histoire des relations internationales, Hachette, réed 2005.

Parler de laïcité dans un centre culturel d’inspiration protestante, le lendemain d’un « samedi théo » cela peut paraître quelque peu incongru ! Mais, il y a des moments et des lieux qui offrent des heureux prétextes pour que nous réfléchissions ensembles à ce terme.

Lors d’une récente soirée au centre culturel Hâ 32 nous avons entendu Jean-Arnold de Clermont, président de la fédération protestante de France, l’archevêque de Bordeaux, monseigneur Ricard et l’imam de la mosquée Tareq Oubrou, qui débattaient de la laïcité et de la place des religions dans notre société française actuelle. L’état laïque donne un cadre officiel et vaste à chaque citoyen pour exercer, pour vivre sa foi, sa religiosité. L’état laïque demande à chaque citoyen de respecter l’autre, le concitoyen dans l’exercice de sa foi et sa religiosité. L’état laïque reconnaît le même droit à chaque citoyen, sans considération de son appartenance à un groupe religieux .

Notre centre culturel est certainement une très bel exemple de cette idée de laïcité. Il y a quelques 25 ans, les fondateurs d’origine protestante ont rêvé d’un lieu d’ouverture, d’un lieu de rencontre, d’un lieu d’échange ! Ils n’ont rien voulu d’autre que créer ce lieu, ce centre Hâ 32, où chacun, avec sa diversité, avec sa conviction propre, avec son vécu et ses espérances puisse trouver sa place.

Le samedi théologique explore le versant théologique du cycle et c’est en cela peut-être l’expression la plus vivante de la laïcité qui a cours au Centre culturel Hâ32. La foi des uns, les interrogations des autres y sont exprimées, confrontées sans être jamais en affrontements ou en compétition. Nous y sommes tous égaux sans être pareils, sans devoir justifier notre diversité !

Ulrike Buinier

Dans le cadre du cycle 2005-2006 « L’Homme en mouvement, Voyages et migrations », le Centre Hâ 32 a proposé une soirée avec Louis-Noël Netter, ancien directeur technique de l’agence française de l’ingénierie du tourisme L’Organisation Mondiale du Tourisme, qui dépend de l’ONU, appelle « touriste » toute personne qui passe au moins vingt-quatre heures et au plus quatre mois hors de sa résidence habituelle.

Cette définition très large, utilisée dans tous les pays du monde, englobe sous la même appellation :

  • les « nomades », les touristes au sens premier du terme, ceux qui se déplacent en permanence, individuellement ou en groupes, à des fins de loisirs ou à titre professionnel,
  • les « sédentaires » qui s’installent pour quelques temps en villégiature en ville, à la mer, à la campagne ou à la montagne, à des fins de loisirs, de visite à la famille ou à des fins professionnelles.

Alors que les déplacements sont devenus un phénomène de masse, nous avons essayé d’analyser les attentes et pratiques de ces différentes familles.

Dans le cadre du cycle 2005-2006 « L’Homme en mouvement, Voyages et migrations », le centre Hâ32 a proposé une soirée avec

Françoise Brian, Responsable de l’Institut Pey-Berland.


Les historiens des mentalités analysent les ressorts psychologiques, sociologiques, voire politiques de ces voyages particuliers que sont les pèlerinages.

 Mais quels sont les fondements proprement religieux de cette pratique ancienne et commune à de nombreuses traditions ?
 Quelles quêtes spirituelles poussent les croyants sur les routes vers des lieux-sources, des lieux-signes ?
 Quel type de rencontre d’eux-mêmes, de l’autre, de Dieu y font-ils ?

Dans le cadre du cycle 2005-2006 « L’Homme en mouvement, Voyages et migrations », le Centre Hâ 32 a proposé une soirée avec

Claire Mestre, Anthropologue et médecin, Présidente de l’association Mana.


Qui sont-ils ?
« Ils », c’est d’abord cette masse un peu informe dont les clichés de média nous renvoie des images de populations avides d’Occident qui n’hésitent pas à mettre leurs vies en péril pour aborder les frontières de notre Europe de plus en plus protégée. Pourtant ces personnes ont une histoire, un parcours, des projets, des peurs...

Il s’agit de procéder comme à un zoom pour s’arrêter sur quelques parcours d’exil et de quête de refuge. Ces parcours viennent de ce qui se dit, se murmure et se pleure dans mes consultations de psychiatrie transculturelle où j’accueille des populations migrantes et étrangères.

Chaque histoire est singulière mais elle révèle en même temps la réalité des conflits, des exterminations et des errances. Ces histoires sont aussi sous le signe de la solitude et de l’insécurité, deux symptômes de notre modernité.

À la question pourquoi partent-ils, j’esquisserai aussi en toile de fond la question de notre hospitalité et la perspective d’une politique d’accueil qui précipite de plus en plus vers l’anonymat des sans papiers.

Conférence du 27 avril 2006 – Avec Isabelle Grangaud et Kamel Chachoua, chercheurs à l’IREMAM, Aix-en-Provence


L’analyse du peuplement de l’Algérie aujourd’hui passe par la considération de l’ensemble des évolutions qui ont affecté les formes d’occupation de l’espace depuis l’indépendance du pays, en 1962, a fortiori depuis l’époque précoloniale. Cette analyse passe également par la mise en perspective de l’impact de phénomènes sociologiques comme l’émigration ou les structures de la parenté et des modes de vivre ensemble.

Autant de points de vue qui permettent de s’émanciper de quelques carcans médiatiques à propos de l’histoire récente ou coloniale de l’Algérie, pour saisir de l’intérieur certains des ressorts de la destinée d’un peuple.

Conférence du 18 mai 2006 – Avec Claude-Gilbert Dubois, Professeur émérite de l’Université Bordeaux III

Michel de Montaigne (1533-1592), notre illustre compatriote aquitain, n’a pas seulement écrit Les Essais, l’œuvre de toute sa vie.

Il a participé à la rédaction d’un Journal du voyage qu’il a accompli en 1580-1581 dans plusieurs pays d’Europe. Il est revenu à Bordeaux pour exercer à son retour les difficiles fonctions de maire. Son expérience de voyageur européen nourrit son action politique de modérateur des fanatismes, et son attitude de penseur relativiste et tolérant. Il pose les bases de ce qu’on peut déjà appeler « l’idée européenne » et de certaines des conditions de sa réalisation.


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Midi-14h du 8 juin 2006 – Avec Michel Rapaport, astronome à l’observatoire de Bordeaux


Le thème du voyage dans l’espace apparait dans la littérature assez tôt dans l’histoire. Des auteurs comme Cyrano de Bergerac avaient abordé ce thème dès le 17ème siècle , et plus tard, de nombreux écrivains (J.Verne, I.Calvino,...) l’ont également exploité.

  • Est ce que l’homme a rêvé depuis toujours d’aller dans l’espace ?
  • Est ce qu’après la conquête de la lune, l’homme ira sur Mars et plus loin ?
  • Est-ce que les missions spatiales robotisées sont plus "efficaces" pour l’acquisition de données scientifiques ?

Cette intervention peut être prolongée par une visite de l’Observatoire de Bordeaux lors de leur journée portes ouvertes le samedi 10 juin.

Un coup d’œil aussi sur le site de l'ESA

Texte de la conférence du 25 septembre 2005 – Par Séverine Pacteau de Luze, historienne, professeur à l’IEP de Bordeaux


Deux minorités, un même parcours. 1789 – 1905

Introduction

Il y a deux cents ans, en 1805, nos ancêtres étaient réunis pour préparer une cérémonie qu’ils attendaient avec impatience et reconnaissance, mais sans doute aussi avec une certaine angoisse, puisque depuis la rénovation de l’Édit de Nantes, tout culte public était interdit. 1805 est donc pour les protestants bordelais une année majeure : celle du retour à la vie publique.
Un peu plus tard, en 1809, les juifs de Bordeaux prennent la décision, essentielle, de faire construire leur première synagogue, rue Causserouge.

Plus tard encore en 1905, juifs et protestants ont affronté paisiblement la mise en œuvre de la loi de Séparation des églises et de l’État, sans connaître les passions qui ont agité le monde catholique.
S’agit-il de hasards, de coïncidences ou bien les deux minorités ont-elles, au-delà d’une proximité de culture, un passé et un vécu communs, qui les inscrit dans l’histoire de Bordeaux.

Force est de constater qu’à bien des égards, juifs et protestants ont vécu à l’identique le siècle qui sépare 1805 de 1905. En effet, pour les deux confessions minoritaires, la grande cassure dans les relations avec l’État se situe au moment où elles ont acquis la liberté de culte, de conscience et l’identité des droits : aux alentours de 1789. Juifs et protestants ont alors été, par étapes, émancipés sur le plan civil et confessionnel de la tutelle catholique, celle de la religion d’État, nous le verrons dans une première approche.

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Samedi théologique du 26 novembre 2005 – Avec Sophie Schlumberger, Responsable du Service biblique de la Fédération Protestante de France

Se déplacer, se laisser déplacer - au sens propre comme au sens figuré - se fait toujours au prix de traversées, de « lieux » à quitter pour d’autres, depuis lesquels voir les choses et soi-même autrement.
Cela nécessite que des résistances, des immobilismes soient travaillés au corps et réorientés en vitalité, guéris.
C’est à cela que le Jésus de l’Évangile de Marc s’emploie, par la parole et le geste. Chemin faisant, il manifeste un Dieu déroutant. Pour vous préparer au voyage, je vous encourage à lire l’évangile de Marc.

Télécharger le texte introductif de Sophie Schlumberger

Dans le cadre du cycle 2005-2006, un atelier de formation fut animé par Dany Nocquet, professeur à la Faculté de Théologie Catholique de Lille, sur le thème «Les conséquences de l’exil du peuple d’Israël en Babylonie».


La prise de Jérusalem en 587 par les Babyloniens n’entraîna pas seulement une déportation physique d’une partie de la population judéenne vers Babylone. Avec la crise de l’Exil, tout a bougé de manière irréversible. L’Ancien Testament offre des réponses diverses à cette crise et raconte des déplacements fondateurs sur le plan théologique, spirituel et de la représentation de soi-même dans l’histoire.

L’exposé introductif  tente de retracer le cadre historique de la déportation d’une partie du peuple de Juda à Babylone. Cette introduction permettra de mettre en correspondance la littérature historique biblique avec des périodes de l’Exil et de l’après-exil.

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